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«Un débat sur l’Identité nationale me semble utile mais on ne peut que s’étonner du moment choisi, juste avant les régionales»
juge ainsi Pierre Henry, le directeur général de France terre d’asile, interrogé par Libération.fr.
«La mise en scène de ce sujet, à un moment où la majorité ressort le marqueur identité nationale-immigration-sécurité, pose problème.»
Mais c’est surtout la gauche qui insiste sur les arrière-pensées électorales du gouvernement. Secrétaire national du PS, Jean-Christophe Cambadélis dénonce une «grosse ficelle» à l’approche des régionales.
«Empêtré dans une gestion calamiteuse de l’immigration, confronté aux déficits publics, bousculé par les sondages, les licenciements, la vie chère, Monsieur Besson se propose de faire un colloque sur l’identité nationale»
résume le député de Paris dans un communiqué, regrettant que le ministre et
«le gouvernement prennent les Français pour des gogos».
Les Verts raillent aussi une
«vieille soupe nationaliste»
appelant
«médias et citoyens à ne pas tomber dans ce piège et à ne pas prêter attention à cette mise en scène aux relents nauséabonds et vains»
«Comme à chaque veille d’élection depuis 2001, le gouvernement ressort l’épouvantail de l’immigration»
blâme la porte-parole, Djamila Sonzogni.
Au-delà de «la recette électorale» mijotée par la droite, François Bayrou accuse le ministre de s’emparer d’une notion, l’identité nationale, qui «n’ aux politiques»
«Rien n’est pire que d’en faire un sujet d’affontement politique surtout quand, par ailleurs, on laisse abîmer l’image de la France. Et, encore pire, dans faire une utilisation partisane»
condamne le président du Modem, ajoutant que
«la nation appartient à tout le monde».
Pierre Laurent, numéro deux du PCF, fustige un
«retour du pétainisme le plus nauséabond»
«pour masquer l’échec de sa politique, Nicolas Sarkozy a décidé de faire une nouvelle fois monter en ligne son petit ministre des sales besognes pour redéfinir “ce que c’est qu’être Français?”»
Accusant le ministre de concevoir la question par le plus petit bout de la lorgnette, l’historien Patrick Weil juge
«insupportable» sa «volonté d’encadrer quelque chose qui a toujours été très divers et fluide»
Une définiton impossible?
«Etre français, c’est se rattacher à des traditions extrêmement différentes»
explique-t-il à l’AFP.
«On peut se sentir Français en relation avec Jeanne d’Arc, Louis XIV, Danton ou Robespierre, de Gaulle ou Clemenceau. Il n’y a pas une seule façon d’être Français.»
Est-ce à Besson de trancher? Certainement pas, argue encore le directeur de recherche au CNRS, auteur de l’ouvrage Qu’est-ce-qu’un Français? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution
«Ce n’est pas au pouvoir politique de décréter qu’est-ce que c’est qu’être Français.»
Max Gallo, qui s’était prononcé en faveur de l’élection de Sarkozy, nuance:
«Il y a une identité nationale qui est ouverte, qui s’élargit, se modifie, se colorise mais il y a aussi des fondamentaux qui jouent dans la vie politique et qu’il est bon de rappeler»
a-t-il développé sur RTL, se disant
«satisfait que la question cruciale de l’identité nationale soit posée»
«Il faut écarter tout de suite l’idée que l’on fait un clin d’oeil à l’extrême droite ainsi que celle que l’identité nationale est fixée une fois pour toute»
ajoute Gallo.
Pour l’historienne Esther Benbassa
«la question, telle qu’elle est posée par Eric Besson, semble désuète»
voire
«racoleuse, vieux-jeu»
Bref, à contre-temps de
«toutes les évolutions actuelles et historiques»
«Face à une mondialisation galopante, les identités sont multiples. L’identité nationale, c’est un concept qui ne parle pas aux gens, sauf à ceux d’extrême-droite»
affirme Esther Benbassa à l’AFP, y voyant une tentative de
«restaurer des idées galvaudées».

Jean-Marie Le Pen est outré!
Interdiction de sourire.